Isaac Newton (4 janvier 1643)
Le savant solitaire
L’esprit du Capricorne, signe de rigueur, de retenue et de construction durable, s’incarne avec justesse chez Newton. Savant solitaire, à la personnalité complexe et secrète, il travaille sans relâche, au point d’en oublier de manger ou de dormir. Peu enclin à l’exposition publique, il révèle souvent ses découvertes a posteriori, préférant la solidité du résultat à l’éclat de la reconnaissance.
Professeur lucasien de mathématiques à Cambridge dès 1669, il bouleverse durablement la science avec la découverte de la fameuse loi de la gravitation universelle. En fondant l’analyse mathématique moderne, le savant s’éloigne du système cartésien dominant pour lui substituer un édifice plus stable, fidèle au besoin capricornien de certitude et de structure. « Ma meilleure amie est la vérité », écrit-il : une devise austère, mais révélatrice.
Ses relations avec les autres savants sont souvent tendues. Sévère et peu enclin au compromis, il s’oppose violemment à Robert Hooke et attend même sa mort pour publier certains travaux d’optique. Cette froideur apparente masque un profond besoin de contrôle — mais aussi de protection : Newton garde ses émotions et ses doutes à distance, avançant seul pour éviter les incertitudes.
Le Capricorne se révèle aussi dans son sens aigu du devoir. Directeur de la Royal Mint (Monnaie royale), il mène la lutte contre la fausse monnaie de manière implacable, conduisant lui-même des enquêtes et faisant emprisonner de nombreux fraudeurs. Député après avoir défendu les droits de son université contre le roi Jacques II, il s’engage en politique, fidèle à une morale stricte et à une vision très concrète de l’ordre.
Réservé mais profondément fiable, Newton était donc un Capricorne accompli : un bâtisseur silencieux, obsédé par la vérité, qui a donné au monde des lois faites pour durer.
Benjamin Franklin (17 janvier 1706)
Le politicien stricte et sécurisant
Benjamin Franklin incarne le Capricorne discipliné, celui qui se met au service du concret et de l’utilité commune. Ambitieux sans être avide, méthodique sans être rigide, il construit patiemment son ascension sociale par le travail et la lecture. Très jeune, il écrit en secret pour le journal de son frère, imprime à ses côtés et découvre que l’écriture est l’outil le plus sûr pour diffuser des idées durables. Son ambition n’est pas de briller, mais d’être compris : écrire comme les savants, parler comme le peuple.
Véritable touche-à-tout, Franklin s’intéresse moins à la théorie qu’à ses applications : la science est pour lui un moyen d’améliorer le quotidien de tous. Par exemple, il cherche à mieux comprendre la foudre, pour mieux protéger la cité, et invente alors le paratonnerre.
Cette même logique guide son engagement politique. Longtemps loyal à la Couronne britannique, il agit comme représentant des colonies à Londres avant de basculer, dans les années 1770, vers un militantisme américain assumé. Signataire de la Déclaration d’indépendance, négociateur décisif en France durant la guerre, puis délégué à la Convention de Philadelphie, Franklin participe à l’élaboration de la Constitution des États-Unis. Il bâtit, pierre après pierre, les fondations d’un État durable.
Attaché à une morale stricte, il ne boit pas d’alcool et se déclare végétarien dès 1722 : basé sur un mantra de pacifisme et de non-violence envers toutes les espèces, il recommande à tous ce régime. Pragmatique et tranquille, ses règles de vie exigeantes requièrent sobriété, honnêteté, maîtrise de soi et apprentissage constant.
Ainsi, sans être un révolutionnaire flamboyant, Franklin a su se faire architecte discret. À l’image du Capricorne, il avance lentement, sécurise, organise et construit — et ce, jusqu’à faire tenir ensemble une société entière.
Crédit image :
Image créée avec Canva par Alice Raynaud
Portrait de Sir Isaac Newton, Godfrey Kneller, 1702, huile sur toile, National Portrait Gallery, Londres
Benjamin Franklin, Joseph Siffrein Duplessis, vers 1785, huile sur toile, National Portrait Gallery, Londres
Pour aller plus loin :
Alexandre Koyré (trad. de l’anglais), Études newtoniennes, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque des idées », 1991, 353 p.
Mélanie Traversier, L’harmonica de verre et miss Davies, Paris, Seuil, 2021, 512 p.

