Histo’scope Balance (23 septembre – 22 octobre)

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Auguste (23 septembre 63 av. J.-C.)

L’empereur en quête d’équilibre

Après les guerres civiles, Auguste veut avant tout ramener la paix et l’harmonie à Rome. Pour éviter de remettre le feu aux poudres, il choisit d’agir avec diplomatie et finesse : il conserve les institutions républicaines, mais détient en réalité tous les pouvoirs — il laisse croire au Sénat qu’il participe encore aux décisions. Un équilibre entre autorité et apparence de liberté – typique du sens de la médiation de la Balance. 

Et quel meilleur symbole pour une Balance que la Pax Romana ? Sous le règne d’Auguste, Rome connaît une période de paix relative, de stabilité et de prospérité, qui durera plus de deux siècles.

Auguste hérite aussi de l’esthétisme et du sens du beau chers à son signe : Rome devient capitale des Arts grâce à son mécénat. Il offre son soutien à des poètes tels que Virgile, Horace et Ovide, pour glorifier son règne. La ville prend aussi ses plus beaux atours : temples et forums sont désormais de marbre, comme aimait à le rappeler le souverain selon la légende, (Auguste ne manquait pas une occasion de s’en vanter) : “J’ai trouvé Rome en briques, je la laisse en marbre”. 

Toujours élégant, jamais brutal, Auguste préfère convaincre plutôt que contraindre. Il gouverne avec tact, mesure et charme, tout en contrôlant tout… discrètement. En résumé, l’empereur, aussi équilibré que redoutablement malin, a fait de son signe astrologique un véritable programme politique. 

Prosper Mérimée (28 septembre 1803)

L’écrivain qui pesait ses mots

Écrivain, historien et grand esprit du XIXᵉ siècle, Prosper Mérimée est une Balance accomplie, amatrice d’harmonie. Entre raison et émotion, son style littéraire, aujourd’hui qualifié de “romantisme réaliste”, en témoigne. Chez lui, la logique côtoie la passion : ses nouvelles comme Carmen (1845) sont de savants compromis entre classicisme, romantisme et réalisme. 

Célibataire endurci, l’écrivain a entretenu plusieurs liaisons célèbres, notamment avec Georges Sand. Fidèle à son signe gouverné par Vénus, il préfère les amours complexes — mais idéalisées — aux passions tumultueuses. Séducteur mesuré, il aime plaire sans se lier et fuit les excès d’émotions. 

Mais Mérimée, c’est aussi le goût du beau : amoureux d’art et d’histoire, il devient inspecteur des monuments historiques (1834-1860) et sauve de nombreux trésors architecturaux. De nos jours, l’académicien reste dans les mémoires pour cet engagement patrimonial : la base Mérimée, qui recense l’ensemble des monuments historiques, lui rend hommage.

Toujours élégant, souvent ironique, Mérimée incarne la Balance cultivée : mesurée et curieuse, mais capable de piques redoutables lorsqu’on manque de goût. En somme, un homme d’esprit qui a fait de l’équilibre et du raffinement un véritable art de vivre.

Crédits :

Image créée avec Canva par Alice Raynaud

Portrait de Prosper Mérimée, estampe de Georges Grovel, 1930, Musée de la Vie romantique, Paris

Buste d’Auguste, 4e quart du Ier s. av. J.-C. (après -27), Musée du Louvre, Paris

Pour aller plus loin 

Jean-Louis Ferrary, “Les pouvoirs d’Auguste”, Les Cahiers du Centre Glotz, no12,‎ 2001, p. 101-154.

Jean-Pierre Néraudau, Auguste. La brique et le marbre, Les Belles Lettres, 1996, 416 p.

Jannie Mayer, “Mérimée et les Monuments historiques”, Littératures, 51, 2004, “Mérimée”, p. 145-156

La dictée de Mérimée, site de la BNF, d’après la version publiée par Léo Claretie en 1900

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