Petite histoire de la momie de Ramsès II

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        Il y a 3 239 ans, Ramsès II s’éteignait après un règne exceptionnel de 66 ans. Le corps du pharaon est alors soigneusement embaumé puis déposé dans un cercueil d’or. Le roi ne souhaitait pas sombrer dans l’oubli, mais pouvait-il imaginer que, des millénaires plus tard, sa momie fascinerait encore le monde ?

La momification constitue une étape essentielle dans la mort d’un Égyptien. La conservation du corps revêt une valeur symbolique, elle permet au ba « la personnalité » et au ka « l’énergie vitale » de se retrouver dans un autre corps, afin d’accéder à une nouvelle existence dans l’au-delà.

Les différentes étapes de la momification égyptienne témoignent à la fois d’un savoir scientifique avancé et d’un rituel funéraire complexe. Le corps est d’abord purifié, lavé et parfumé. Ensuite, le cerveau est extrait à l’aide d’une tige introduite par le nez et détruit, puis la cavité crânienne est remplie de cire d’abeille et d’huiles parfumées. Les viscères sont à leur tour retirés et placés dans des vases sacrés appelés canopes, le cœur est le seul organe conservé, car il est perçu comme le centre de la pensée. Le corps était ensuite déshydraté, puis rembourré pour lui redonner une apparence plus naturelle. Enfin, vient l’étape du bandelettage qui vise à préserver les chairs et à maintenir l’intégrité du corps.

Analyses scientifiques d’une momie royale

Grâce à ces procédés minutieux, de nombreuses momies ont été conservées jusqu’à notre époque, permettant leur étude. C’est le cas de la momie de Ramsès II qui a offert aux chercheurs de précieuses informations sur le mode de vie et l’état de santé dans l’Egypte ancienne.

Dans les années 1970, on constate que la momie du grand pharaon se dégrade. En 1976, la dépouille est transportée en France, pour des raisons diplomatiques, accueillie par la Garde républicaine recevant les honneurs d’un chef d’Etat, afin d’être étudiée et restaurée au Musée de l’Homme pendant plus de sept mois. Les analyses révèlent que Ramsès II était roux et mesurait un mètre soixante quinze. Elles montrent également qu’il souffrait de pathologies courantes chez une personne âgée d’environ 80 ans : troubles vasculaires, articulaires et dentaires. Ces découvertes soulignent qu’au-delà des millénaires qui nous séparent, les êtres humains présentent des caractéristiques biologiques similaires.

Il y a 3000 ans, Ramsès II avait tout mis en œuvre pour que son règne reste gravé dans les mémoires de ses successeurs. Aujourd’hui, longtemps après la chute de l’Egypte antique, le pharaon demeure une figure emblématique. Sa momie a voyagé à travers le monde pour être exposée dans de nombreux pays. Pour le moment, le pharaon repose dans son pays natal au Musée de la civilisation égyptienne du Caire, mais son histoire, elle, continue de fasciner.

Crédit image : Momie de Ramès II dans son sarcophage de bois, et devant sa représentation sur un char, Musée de l’homme de Paris. Photo CEA n°C 20616.

Pour aller plus loin :

Amandine Marshall et Roger Lichtenberg (préf. Françoise Dunand), Les momies égyptiennes : La quête millénaire d’une technique, Fayard, 2013.

Frédéric Payraudeau, L’Égypte et la Vallée du Nil : Les époques tardives, t. 3, Paris, PUF, coll. « Nouvelle Clio », 2020.

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